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samedi 15 décembre 2018

Peut-on penser sans les autres?


Cet article se veut une réponse à une remarque - ou à une objection - qui m'a été faite, selon laquelle je parlerais - ou écrirais - rarement sans citer des auteurs à l'appui. Un ami me le faisait encore remarquer récemment, me donnant à comprendre qu'il s'agissait-là d'une sorte de démission de la pensée. En somme, plutôt que de dire ce que je pense, je dirais ce que les autres pensent. Au mieux, ce serait une façon de botter en touche ou de se dérober; au pire, ce serait le signe d'une absence de pensée personnelle. Or, si j'entends bien le reproche qui m'est adressé, je ne peux hélas absolument pas y souscrire. Il me semble inconsistant, si ce n'est complètement contradictoire. Pour le dire rapidement, je ne crois pas qu'on puisse penser sans les autres (ce qui ne veut pas dire laisser les autres penser à notre place). Mais cela mérite d'être justifié. C'est ce que je me propose de faire, en avançant trois séries d'arguments.

jeudi 6 mars 2008

Chapitre septième : « La maladie »

Après un détour qui nous a permis de saisir ce que recouvre la notion de vie, reprenons le fil de notre interrogation concernant la valeur des valeurs. Celle-ci, disions-nous, trouve son origine dans une certaine évaluation de la vie. Or, nous savons désormais à quel genre d’interprétation nous avons affaire. En effet, le rapport ascétique à la vie consiste à dénigrer l’existence en la décrétant mauvaise, car variable et rude. Mais, ce qu’il importe de débusquer, ce n’est pas tellement l’interprétation ascétique en tant que telle, plutôt sa prétention à valoir absolument. Nous retrouvons ici l’idée rebattue selon laquelle on ne critique pas tant les valeurs dans l’absolu que l’absolu dans les valeurs.