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vendredi 21 mars 2008

Chapitre douzième : « L’instrument de torture : le libre-arbitre »

L’idéal ascétique possède une arme redoutable pour affaiblir l’homme – c’est-à-dire le modeler à sa ressemblance – c’est la culpabilité. Ne pouvant faire que l’homme soit autre qu’il n’est, il lui inspire un dégoût de soi, en vertu duquel l’homme se trouve rongé par le remords et transi de repentir au moindre geste esquissé. Cependant, un malheur ne venant jamais seul, l’idéal ascétique assortit sa parade d’un instrument de torture: le libre-arbitre. Mais quoi ! dirons-nous, l’homme n’est-il pas libre ? Voyons cela en détail.

mercredi 12 mars 2008

Chapitre onzième : « La culpabilité »

La raison, argument massue de l’idéal ascétique, ne possède d’autre fonction que d’assurer l’instabilité de l’être humain. Pascal, dans les Pensées, ne dit rien d’autre lorsqu’il considère que l’homme se comporte tel un animal voué à la fange, alors qu’il possède en lui de quoi se redresser. L’intelligence se donne en effet comme la marque du divin en l’homme et le signe d’une glorieuse origine : par la raison, l’homme est capable de renoncer à lui-même. Kant ira même jusqu’à soutenir que, par la raison, l’homme est libre. Or, toute liberté se paie et la raison n’échoit pas à l’homme dans le seul but de vanter sa dignité. Si l’homme est raisonnable, sa sagesse est folie en comparaison de celle de Dieu (Paul, Épître aux Corinthiens). Face à l’infini, l’homme est l'éternel inaccompli, non que Dieu l’ait créé imparfait, mais qu’il s’est lui-même déchu. Cependant, l’homme peut-il vraiment se racheter aux yeux de Dieu ?

dimanche 9 mars 2008

Chapitre dixième : « L’homme, cet animal (2) »

La volonté de puissance ne signifie pas volonté de dominer les autres ou de les écraser. Elle indique plutôt la recherche par la vie elle-même (et donc par l’homme), d’un accroissement de sa puissance, c’est-à-dire de sa vitalité. Reprenons, en suivant Deleuze, les trois contresens majeur que l’on peut formuler à l'endroit de la volonté de puissance.

vendredi 29 février 2008

Chapitre premier : « Qui êtes-vous, Monsieur Nietzsche ? »

Le nietzschéisme demeure incompréhensible si l’on ignore qui fut Nietzsche lui-même. Penseur allemand, né en 1844 dans la petite ville de Röcken, Nietzsche obtint très jeune un poste de professeur de philologie à l’université de Bâle. En 1872, il publie son premier ouvrage : La naissance de la tragédie. Prenant à rebours la conception dominante de l’antiquité grecque, l’auteur s’attire l’inimitié du milieu universitaire. Malade chronique, il obtiendra, quelques années plus tard, une maigre pension lui permettant de se dispenser d’enseignement et de voyager à travers le sud de l’Europe, en quête d’un climat favorable à sa santé. Vagabondant entre la Suisse, l’Italie et la Provence, Nietzsche enchaîne les livres à un rythme soutenu : Le gai savoir (1883), Ainsi parlait Zarathoustra (1885), Par-delà le bien et le mal (1886), La généalogie de la morale (1887), Le crépuscule des idoles (1888), L’Antéchrist (1888), etc. La mort le surprendra en 1900.